Alors d’accord, oui, on peut continuer à appeler ça un bateau si vous y tenez, par coquetterie. Mais honnêtement qu’on se le dise – au moins entre nous – on est tous dans la même épave en devenir,.
Auteur : Boris Vendimia
A : Au final t’as pas l’impression de ressasser toujours les mêmes conneries ?
B (marquant un silence pour accuser le coup) : Bah non ! Pourquoi ça ?… Et d’ailleurs, en passant, savais-tu que le verbe « ressasser » est le plus long palindrome de la langue française, cette catégorie de mots remarquables qui peuvent être lus dans les deux sens ? RESSASSER. Neuf lettres quand même !
A (du tac au tac) : Oui oui, ça aussi, tu me l’as déjà dit.
Tentative d’atelier d’écriture d’un poème oulipien pour mise en musique
Exercice imposé par le premier vers venu : pieds 3/4/5 ; phonèmes il(ille)/arm(ram, am, alm, arn)/é
ÎLE ARMÉE
Sur le fil, au bord des larmes, sans jamais plonger
Nul péril, je rends les armes, à quoi bon lutter ?
Lexomil, Lorazepam, envoie les cachets
En exil, je sors les rames, corps à repêcher
Homme vil recherche une femme, annonce classée
Ce profil confond mes charmes, change de côté
Midi pile quartier des Carmes rendez-vous manqué
Point de deal, combien le gramme ? Prix à négocier
Coup de fil, elle s’exclame, « pourquoi décrocher ? »
C’est une fille reine des drames moi son chevalier
Dans Kill Bill Uma Thurman paraît énervée
Que crient-ils qui sonne l’alarme ? Ne pas déranger
Imbécile le sort s’acharne, désenvoutez-les
Que faut-il pour qu’on m’acclame ? J’ai tout essayé
Face ou pile, personne ne gagne, les jeux sont défaits
Crocodiles, hippopotames, bien cuits s’il vous plaît
Chez Emil on est au calme pour enregistrer
Arrête de t’attarder sur ta feuille blanche et noircis-la. Il n’y a pas d’inspiration magique venue de nulle part mais quelques sages conseils peuvent aider. Sois indulgent avec toi-même dans les périodes de doute extrême, sois exigeant lors de tes excès de confiance. Tu passeras nécessairement par ces deux phases qui sont critiques. Dans l’intervalle entre chacune d’elle et dès que possible, assieds-toi, prends bien le temps de souffler et aussi ta tête entre tes mains. Avec humilité contemple le sol. Il est important à cette étape de marquer l’arrêt. Puis, entre tes deux pieds, fixe l’éternité, rien de moins. Un instant suffira. Et c’est seulement après ça que tu pourras retourner au combat.
L’égo est un jeu de construction.
Entre autres agréments ils font chambres à part pour démentir Claude François. Non, quoi qu’il prétende dans sa chanson, se bousculer au lever n’est pas une habitude à prendre.
Les belles choses il faut qu’on se les dise, sans mâcher nos mots, elles se verbalisent, haut et fort, de façon intelligible.
Si infimes soient les vibrations conséquentes à l’expression de notre modeste parole dans la vastitude de l’univers, je suis sûr que nos voix laissent toujours une trace.
Quelque part.
Parfois même dans les mémoires.
Quand il s’agit de donner un nom de baptême à leur progéniture, certains nouveaux parents font preuve d’une inventivité folle. Prenons l’exemple des époux Sanzesse. Ils ont prénommé leurs triplés Thoma, Charle et Deni.
Il n’y a jamais de réponse simple. Les questions revêtent nécessairement un niveau irréductible de complexité et souvent même il n’y a pas de question. C’est pourquoi on a inventé la littérature.
En parallèle de ses activités picturales, Jean-Auguste Dominique Ingres était deuxième violon dans l’orchestre du Capitole de Toulouse, ce qui n’est pas rien, forgeant ainsi une expression bien connue. Boris Vendimia, lui, a une simple guitare. Sans se prévaloir d’un tel niveau d’excellence ou de la paternité de la moindre locution française, celui-ci a enregistré – entre deux laborieuses pages d’écriture – l’adaptation en chanson de six poèmes de la fin du dix-neuvième siècle. La comparaison avec Ingres le fait rougir mais il vous remercie par avance de considérer ses velléités musicales avec bienveillance. Le projet intitulé De Profundis est à écouter ici. Un de ces quatre Boris aimerait aussi s’essayer à la peinture.
