On se raconte des histoires depuis toujours. Dans l’intervalle nombreux sont ceux qui se sont amusés à théoriser l’exercice. Et pourquoi pas moi ? Ce bon vieil Anton par exemple, dans son dix-neuvième siècle tardif et sous un Empire Russe qui n’est plus si lointain, a développé le principe dramaturgique du fusil de Tchekhov. Selon lui, dans une fiction, chaque détail doit avoir son utilité narrative. Ainsi, « si dans le premier acte vous dites qu’il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu’un coup de feu soit tiré dans les actes suivants. » Je pense pour ma part que le public contemporain est trop accoutumé à cette pratique, qu’il a appris à reconnaître les grosses ficelles et que les règles ont évolué. De nos jours il me semble plus intéressant, lorsqu’une arme à feu fait partie du décor, qu’elle se révèle finalement comme un vulgaire pistolet à eau.
