En cette époque essoufflée, on entend le mot fléau à tout bout de champ, il est sur toutes les lèvres. Il faut dire que les exemples ne manquent pas : pandémie, guerres, incendies, menaces nucléaires, télé-réalité, montées des eaux et de l’extrême droite… etc., j’en passe et des meilleures. Les rivières ne sont pas encore de sang mais par chez nous il pleut régulièrement du sable ou de la cendre, on ne sait plus très bien à quoi s’attendre. J’apprends que le fléau désigne également la pièce sur laquelle reposent les plateaux d’une balance. Dois-je comprendre que le fléau ne serait alors qu’un examen de mesure et d’équilibre auquel nous serions soumis, nous autres, l’humanité, où nous échouerions, lamentablement et à répétition, ce pour quoi nous serions châtiés jusqu’à la fin des temps ? Mon complotisme linguistique m’effraie, lassé de mon époque, de mes contemporains, comme de moi-même je referme le dictionnaire.
