La nuit dernière les étoiles filantes étaient à la fête. J’en ai emmagasiné un bon stock – et les vœux qui vont avec – jusqu’à ce que l’aube lève le rideau de la nuit, d’abord en tirant sur un coin d’horizon puis en dévoilant pleinement le jour. Tout au long du chemin matinal qui me conduit au cœur du village je reste attentif aux signes. Une coccinelle se pose sur mon épaule le temps du voyage. Devant la place, je fais un détour pour éviter ce chat noir et j’emprunte la chaussée pour contourner l’échafaudage. Je trouve, sur l’enseigne d’un pub irlandais, un trèfle à quatre feuilles et me voilà déjà arrivé chez mon buraliste, détaillant d’une presse infréquentée, pourvoyeur de cancer et épicier de première nécessité six jour sur sept, l’homme de la situation. Cette fois, j’ai mis toutes les chances de mon côté. Nous sommes vendredi 13 et je compte ne pas rater le coche. Le grattage sera mon moment de vérité. J’ai l’argent en poche pour une flopée de tickets, il est maintenant l’heure d’être exaucé, un centime en main.