Quand il ne court ou n’écrit pas, il marche sans relâche. On pourrait dire qu’il fait les cent pas, mais ce serait réducteur le concernant. Marcher est un plaisir et quand on aime on ne compte pas. Ses va-et-vient étourdissent et dessinent des sillons sous ses pas. Dans ces moments-là, il ressasse et il marmonne, de façon semi-intelligible, sans jamais que l’on ne sache s’il s’adresse à un personnage ou à l’un de ses mille lui-même. Petit à petit – à force de remuer la poussière – le marcheur fait son trou. À l’usure de ses semelles, il creuse de véritables tranchées, depuis le fond desquelles on ne l’entend plus geindre. C’est ce à quoi il s’est condamné, se taire et se terrer.
