Le vent des fous souffle tout ce qui est sur son passage. Au mépris de l’avis de tempête, j’ai décidé de m’aventurer dehors au milieu de la nuit. Ma grotte sent le renfermé et ma tête a bien besoin d’être aéré. Parmi les autres raisons qui m’ont résolu à sortir, il y a aussi que la ventilation est vivement recommandée de nos jours, et que brasser de l’air est une activité qui a le vent en poupe. J’ancre bas mon centre de gravité pour évoluer à l’extérieur, ainsi – brindille que je suis – je ne m’envole pas comme une vulgaire promesse. En bordure du jardin, je vois une allée de cyprès qui dansent sous les bourrasques. Les ombres de leur silhouette se plient, se déhanchent et se démènent, valdinguent dans tous les sens et de toutes leurs branches. Leur chorégraphie délirante me subjugue. Dans cette boîte de nuit à ciel ouvert sur les étoiles, les cyprès font une fête de tous les diables et je veux en être.
