Dans un parc arboré où les feuillages prennent leurs tons automnaux, je me promène, les mains croisées dans le dos, absorbé par mes pensées. Mon pied heurte malencontreusement une des nombreuses bogues épineuses qui jonchent l’allée principale. Un marron s’en échappe, rebondit à vive allure et vient frapper le talon d’un élégant chapeauté qui marche quelques pas devant moi. Au contact de son soulier, le marron ricoche à la verticale, remonte vers sa tête et lui ôte son haut de forme en même temps que sa dignité. L’homme décoiffé et furieux se retourne brusquement, à la recherche menaçante du lanceur de marron. Clairement, il veut en distribuer à son tour. Moi, je regarde ailleurs et je siffle Les Feuilles mortes pour m’innocenter.