Entre autres produits d’importation chinoise, le moustigre (mot-valise inventé pour qualifier ce croisement improbable entre le moustique et le tigre) remporte par chez nous un franc succès : on l’applaudit toujours lors de ses incessants passages. Il appartient à une espèce drôlement évoluée en regard de ses rivaux occidentaux. Sans parler de ses seyantes rayures, évoquons sa capacité à la piqûre multiple et le fait qu’il sévisse jour et nuit comme preuves de sa supériorité. Puis, il y aussi sa taille qui augmente significativement à chaque millésime estival. Au rythme de cette croissance exponentielle, il y a fort à parier que – d’ici quelques années – il s’impose durablement, et qu’après l’avoir apprivoisé et dompté, nous soyons finalement en mesure d’enfourcher le moustigre. Dans cette perspective cavalière, j’en ferai pour sûr un fier destrier.
