Le phénomène qui se joue lorsque son cahier est ouvert relève du surnaturel. Dès que sa double page blanche est déployée face au ciel, c’est comme si elle attirait à elle tous les tourments immanents à l’humanité pour les sceller sur le papier. Les désespoirs venus de toutes parts obéissent à cet étrange magnétisme exercé par cet assemblage de feuillets. Les soupirs et souffrances, plaintes et doléances sont aussi conviées à s’y recueillir. D’une certaine manière, en happant ainsi les maux du monde pour les enclore sur ses pages de malheurs, ce cahier fonctionne à l’inverse de la boîte de Pandore. Mais ni l’une ni l’autre ne saurait en contenir la totalité. Et la fin de ces deux histoires est similaire : on se résout à refermer le cahier comme on a jadis refermé la boîte.
