A : Bon, tu écris, très bien. Mais qu’est-ce que tu écris au juste ?
B : Qu’est ce que j’écris ? Tout un tas de choses… Depuis aussi loin que je me souvienne, j’écris mon prénom. Un peu plus tard, sans que je ne puisse en préciser la date, j’y ai ajouté mon nom. Encore aujourd’hui je dois avouer les écrire très souvent, l’un et l’autre conjoints, à tout bout de champ pour dire vrai. Ensuite, j’ai longtemps gratté du papier sous la dictée des autres, bien que je m’y astreigne de moins en moins ces derniers temps. Il y a aussi quelques lettres à l’attention de différents destinataires, un vieillard barbu en habits rouges, des amours estivales, des amis de toujours ou les services fiscaux. Assez régulièrement, en parallèle, j’ai pris l’habitude de dresser des listes, de provisions à collecter chez l’épicier par exemple, mais aussi de missions administratives à exécuter, de cadeaux à offrir voire même de chansons variées en vue de la création d’une compilation dansante. Bien qu’ils se fassent plus rares, je voudrais également évoquer ici les faire-part de naissances ou de décès dans lesquels j’excelle. L’écriture de cartes-souvenirs, quant à elle, tient une place particulière. Qu’elles soient d’anniversaire et obéissent à un calendrier précis ou plus librement postées depuis d’exotiques destinations au gré de mes voyages de par le vaste monde, j’y prends un malin plaisir. Récemment, davantage par nécessité que par choix, je versais surtout dans les attestations de déplacement dérogatoire. On s’adapte toujours. J’écris tout un tas de choses comme je le disais. Beaucoup. Sans cesse. Et entre ces diverses productions de ma plume, il m’arrive parfois – par exception au final – d’écrire de la poésie.