Le manuscrit de Sur la route s’apparente à un rouleau. Jack Kerouac a assemblé les feuilles blanches sur leur côté le plus court avant de les charger dans sa machine à écrire et de les frapper frénétiquement de sa prose sous benzédrine. Une fois l’ouvrage terminé, ce sont plus de trente-six mètres de papier qui serpentaient à ses pieds pour évoquer le chemin parcouru. Sans avoir l’outrecuidance de rivaliser avec ce manifeste beat, on peut néanmoins remarquer que – à leur manière – les écrits chroniques prennent également la forme d’une bobine qu’il convient de dérouler. De plus, ces derniers présentent l’inestimable avantage de leur virtualité qui leur épargnera d’être déchirés et dévorés par le chien d’un ami.
