La sagesse collective a forgé l’adage suivant : Ce sont les petites histoires qui font la grande Histoire. Je juge cette phrase très pertinente, surtout à la lumière de deux citations complémentaires qui m’ont particulièrement éclairé.
Il y a Georges Perec qui, dans W, écrit l’Histoire avec sa grande hache pour évoquer l’aveugle déroulement des évènements.
Avant lui, Franz Kafka expliquait dans une lettre à son ami Oskar Pollak qu’une véritable histoire, un livre, doit être un coup de hache dans la mer gelée qui est en nous.
Fort de ces rapprochements, je pense que le débat relève moins d’une question de majuscules que de haches. Malheureusement, par les temps qui courent – si l’on attend de la littérature qu’elle change le monde – je crains que l’on ne puisse se contenter de compter sur Hachette. Ce nom dénote un défaut d’envergure flagrant. Il faut voir plus grand. Organisons plutôt le déterrage d’une hache de guerre à double tranchant pour tailler copieusement dans le vif du sujet.
